Le dépistage du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est devenu le cancer le plus fréquent et la deuxième cause de décès de cancer chez l’homme. Toutes les sociétés d’urologie conseillent d’effectuer un dépistage actif, qui consiste en un toucher rectal afin d’évaluer la consistance (élasticité) du tissu prostatique et d’une prise de sang pour déterminer le taux du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate). Celui-ci est une protéine, circulant dans le sérum, qui est quasiment exclusivement produite par la prostate.

Cet examen de dépistage s’adresse essentiellement à des hommes entre 50 et 70-75 ans susceptibles de vivre les complications d’un cancer sans traitement. En cas d’antécédents familiaux (père, frère, oncle) de cancer de la prostate ou pour les patients d’origine africaine, cet examen est conseillé déjà à 45 ans. Le dépistage sert à découvrir les cancers limités à la prostate seule, sans extension et sans aucun symptôme, ce qui permet un traitement avec guérison. A noter que le cancer précoce de la prostate ne fait pas de symptômes urinaires !

Le taux du PSA est défini par une valeur maximale qui, en fonction du laboratoire, peut varier entre 2.5 et 4 µmol. Un taux de PSA entre 2.5-4 et 10 se trouve dans une « zone grise », où la valeur du PSA peut être influencée par d’autres maladies (bénignes) de la prostate. A ce moment, une consultation chez le spécialiste en urologie est conseillée. Malheureusement, il n’existe aucun moyen (radiologique ou autre) de pouvoir diagnostiquer avec certitude un cancer de la prostate.

En cas de doute, soit au toucher rectal ou en raison du taux de PSA, l’urologue proposera un prélèvement de tissu prostatique par biopsie. Ceci consiste en un carottage de la prostate (prélèvement de cylindres tissulaires) afin de pouvoir examiner les cellules sous microscope. Ceci nécessite la prise d’antibiotiques

Mais attention :

  • le PSA peut être faussement élevé (faux positif) en cas d’autres maladies de la prostate, comme l’inflammation de la prostate (prostatite) ou l’agrandissement bénin de la prostate

  • dans de rares cas, un cancer peut exprimer un taux relativement bas de PSA et seulement le toucher rectal sera suspect

  • puisque d’autres affections de la prostate peuvent conduire à une élévation du PSA, il y a parfois des biopsies qui sont effectuées en vain.

Il existe des controverses concernant l’utilisation du PSA pour le dépistage du cancer de la prostate. En effet, ce dépistage peut aboutir à la découverte de cancers en hibernation qui n’ont peut-être pas besoin de traitement.

C’est l’urologue qui va individualiser ce dépistage pour éviter de mettre en évidence des cancers ne méritant pas de traitement ou d’en découvrir d’autres trop tard.

Dr Frank MAYER

 

 

 

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