L'incontinence urinaire

L’incontinence urinaire est une émission involontaire d’urines. Il existe plusieurs types d’incontinence.

L’incontinence par regorgement :

Elle survient sur une vessie trop pleine en raison d’un défaut de contractilité du muscle vésical (maladies neurologiques…) ou d’une obstruction chronique de la voie excrétrice (hyperthophie de la prostate…).

Les pertes d’urine se produisent quand la pression vésicale est supérieure à la résistance du sphincter urétral. Classiquement, il s’agit de pertes de petites quantités aux mouvements du tronc ressemblant aux débordements d’un récipient que l’on transporterait.

Le traitement est celui de l’obstruction ou celui de la maladie de base. La neurostimulation dans certains cas peut être utile. Il faut toutefois que la fonction du muscle vésical soit au moins en partie conservée pour pouvoir éviter la pose définitive d’une sonde urinaire.

L’incontinence par impériosité (urgences) :

Les pertes surviennent juste après un besoin urgent et avant d’avoir pu se rendre aux toilettes.

Ce phénomène est classiquement secondaire à une maladie neurologique (diabète, Parkinson, lésion neurologique traumatique…). Il peut aussi accompagner une obstruction des voies urinaires ou une inflammation. Il est plus rarement le signe d’appel de certains cancers de la vessie.

Aussi, il nécessite souvent des investigations (cystoscopie, éventuelle cystomanométrie) pour en déterminer avec précision la cause.

Le traitement est adapté à la maladie responsable de ce trouble du fonctionnement de la vessie : médicaments, neurostimulation, injections de Botox dans la vessie, intervention chirurgicale pour traiter une obstruction ou un cancer.

L’incontinence d’effort (dite de stress) 

C’est l’incontinence la plus fréquente. Il s’agit d’une perte d’urines lors de mouvements ou de mise sous pression de la vessie : toux, rire, éternuements, contraction abdominale et dans les cas les plus sévères à la marche. Elle est secondaire à un dysfonctionnement du muscle fermant la vessie (sphincter urétral) ou à une hypermobilité de l’urètre chez la femme.

L’incontinence d’effort peut coexister avec une incontinence par impériosités (incontinence mixte).

Elle touche rarement les hommes et ce problème survient alors essentiellement après une chirurgie lourde : ablation complète de la vessie et/ou de la prostate.

Elle concerne plus souvent les femmes (en moyenne 30% des femmes dès 65ans). Elle est classiquement plus fréquente en cas d’accouchements difficiles, d’une obésité, d’une constipation ou d’une toux chronique. Toutefois, il s’agit là probablement plutôt de co-facteurs. L’élément le plus déterminant serait un défaut génétique du tissu de soutien (collagène) des organes pelviens (vessie, utérus, rectum) qui favoriserait la survenue de cette incontinence chez les femmes.

Le traitement des incontinences modestes est la physiothérapie qui améliore nettement la situation dans  50% des cas.

En cas de pertes plus sévères, la mise en place de bandelettes sous l’urètre est une méthode très efficace pour corriger ce phénomène. Il existe d’autres traitemenst : injections de produits sous la muqueuse urétrale pour provoquer un bourrelet obstructif, ballons péri-urétraux. L’avenir sera peut-être l’injection de cellules permettant de régénérer le muscle de l’urètre (sphincter). Cette méthode est en cours de développement et d’évaluation.

Conclusion :

L’incontinence urinaire est un symptôme fréquent qui peut aboutir à un retrait de la vie sociale pour les personnes atteintes. Pourtant, il existe souvent des traitements très efficaces. Aussi, il est conseillé d’en parler à son médecin.

Dr Yan Tuchschmid

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